Comment facturer une impression 3d ?

La démocratisation de l’impression 3D a fait émerger un besoin que beaucoup d’entreprises, freelances et fablabs partagent : comment établir un tarif fiable, cohérent et surtout rentable. Contrairement à une idée reçue, facturer une impression 3D ne se limite pas au coût du filament. C’est un ensemble de paramètres techniques, matériels, logiciels et humains qui doivent être intégrés pour arriver à un prix final réaliste.

 

Pourquoi la facturation en impression 3D est plus complexe qu’il n’y paraît 

Il n’existe pas de grille tarifaire universelle. Chaque pièce imprimée est unique : géométrie, matériau, durée d’impression, finitions, contraintes mécaniques… tout impacte le prix. 

Trois enjeux principaux expliquent cette complexité :  

  • Le coût réel des matériaux varie fortement selon le polymère. Pour des repères précis et techniques, vous pouvez consulter l’analyse complète des matériaux dans notre article dédié 
  •  Le temps machine dépend non seulement de la durée d’impression, mais aussi de la vitesse, des supports, de la taille de la buse et du taux de remplissage 
  • Le temps humain (préparation, nettoyage, vérification, post-traitement) représente une part importante du coût final.

 

Les éléments indispensables pour calculer un tarif d’impression 3D

  1. Le coût du matériau

Chaque matériau a un prix au kilo, mais ce n’est que le point de départ. Il faut intégrer : 

  • La densité du matériau (impacte le poids final) 
  • La consommation réelle avec les supports 
  • Les pertes (déchets, brim, échauffement) 

 

Pour un calcul précis :
Coût matière = (Poids final de la pièce + supports) × Prix du kilo 

Pour approfondir le sujet du coût global d’une impression, vous pouvez consulter cet article qui traite la question sous un autre angle.

 

  1. Le temps d’impression

  • C’est généralement la base de la facturation. Les méthodes les plus utilisées : 
  • Tarif horaire simple (par exemple 6 à 12€ / heure selon les machines) 
  • Tarif machine premium pour les matériaux techniques 
  • Surcoût si l’impression occupe la machine pendant une longue période

 

Le temps d’impression dépend de : 

  • La hauteur de couche 
  • La vitesse 
  • La complexité 
  • Les supports 
  • Le taux de remplissage

 

Une pièce simple peut prendre 1 h. Une pièce technique peut dépasser 20 h. À l’échelle d’un atelier, ce paramètre est déterminant pour garantir la rentabilité.

 

  1. Le coût machine (amortissement + maintenance)

Une imprimante 3D n’est pas rentable sans intégrer :

  • L’amortissement (3 à 5 ans en général) 
  • Le remplacement des buses 
  • L’entretien régulier 
  • Les éventuelles réparations

 

Ce coût est intégré en général dans un taux horaire machine.

 

  1. Le temps humain

Beaucoup d’acteurs l’oublient, mais c’est la partie la plus sous-estimée : 

  •  Nettoyage du fichier 
  • Préparation du plateau 
  • Lancement des tests 
  • Décollement de la pièce 
  • Nettoyage / ébavurage 
  • Contrôle qualité

 

La plupart des professionnels facturent une base fixe (entre 5 et 20€) pour couvrir ces opérations.

 

  1. Le post-traitement

Selon la demande du client, le prix peut varier fortement : 

  • Ponçage 
  • Teinture 
  • Peinture 
  • Assemblage 
  • Cuisson ou polissage spécifique selon le matériau

 

Certaines finitions peuvent doubler le prix de la pièce.

 

Exemple de tableau simplifié pour facturer une pièce 3D 

Élément de coût  Méthode de calcul  Exemple calculé 
Matière  Poids × prix/kg  30 g × 40 €/kg = 1,20 € 
Temps d’impression  Tarification horaire (machine FDM pro)  4 h × 18 €/h = 72 € 
Amortissement + maintenance  Inclus dans le taux horaire  Déjà intégré 
Temps humain  Forfait préparation + nettoyage  12 € 
Post-traitement  Prestation additionnelle  20 € 
Prix total  Somme des postes  105,20 € 

Cet exemple montre que le matériau, souvent perçu comme principal poste de dépense, est en réalité marginal.

 

Les modèles de facturation les plus utilisés dans l’industrie 

La facturation horaire 

La méthode la plus répandue, simple à expliquer au client. Vous définissez un taux horaire selon : 

  • Le type de machine 
  • Le matériau 
  • Le niveau de qualité demandé

 

La facturation au gramme 

Rarement représentative mais parfois utile pour des pièces standards.

 

La facturation à la complexité 

Courante pour les productions techniques et petites séries : 

  • Pièces mécaniques 
  • Assemblages fonctionnels 
  • Matériaux hautes performances

 

La facturation au devis sur mesure

La méthode la plus professionnelle : 

  • Analyse du fichier 
  • Prise en compte des contraintes mécaniques 
  • Proposition d’optimisations 
  • Livraison d’un prix détaillé

 

C’est la méthode généralement utilisée par les services industriels spécialisés dans l’impression 3D, comme celui proposé par igus.

 

Erreurs fréquentes lorsqu’on fixe le prix d’une impression 3D 

  • Ne pas inclure le temps humain : c’est l’erreur la plus courante 
  • Oublier le coût des supports : certaines géométries en consomment énormément 
  • Oublier les risques d’échec : même une pièce ratée consomme du temps et du matériau 
  • Sous-estimer la valeur ajoutée du conseil technique 
  • Ne pas prendre en compte l’occupation de la machine (40 h d’impression bloquent la production)

 

Comment présenter un devis professionnel au client 

Un devis clair augmente les chances d’acceptation. Il doit intégrer : 

  • Le prix de la matière 
  • Le temps machine 
  • Les services associés 
  • Les options de finition 
  • Les délais 
  • Les quantités (voire un tarif dégressif)

 

Astuce : proposer plusieurs niveaux de finition permet de s’adapter au budget du client.

 

FAQ : tout ce que les clients demandent avant une impression 3D 

Comment être sûr que mon prix n’est ni trop bas, ni trop élevé ? 

En combinant temps machine, temps humain et matériau. Le coût du matériau seul est toujours trompeur. 

Peut-on facturer plus cher une pièce fonctionnelle qu’une pièce décorative ? 

Oui, car une pièce technique nécessite : contrôles, paramètres spécifiques, choix de matériaux adaptés et parfois plusieurs essais. 

Une impression très longue doit-elle être plus chère ? 

En général oui, car elle immobilise la machine et augmente le risque d’échec. 

Comment facturer une petite série ? 

On applique souvent un prix unitaire dégressif après étude : optimisation du plateau, réduction du temps humain par pièce, répétabilité. 

Les supports doivent-ils être facturés ? 

Toujours. Ils représentent parfois plus de 30 % du matériau consommé. 

Faut-il facturer les échecs ? 

Ils doivent être intégrés dans le taux horaire machine ou le forfait technique.

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