Faire varier la vitesse d’un moteur pas à pas, ce n’est pas juste “envoyer plus ou moins vite des impulsions”. En pratique, c’est un équilibre entre électronique de commande, mécanique, inertie de charge et paramètres moteurs. Et c’est souvent là que les projets se jouent : un moteur qui décroche, qui vibre ou qui chauffe n’est pas forcément mal dimensionné, il est parfois juste mal piloté.
Avant d’entrer dans le détail, rappelons pourquoi cette technologie est si largement utilisée en automatisme et en mécanique de précision. Si vous hésitez encore sur le choix de cette motorisation, l’article sur les moteurs pas à pas permet de bien comprendre ses avantages en termes de précision, de simplicité de commande et de répétabilité.
Le principe de base : la vitesse dépend de la fréquence des pas
Un moteur pas à pas avance par incréments angulaires appelés pas. Chaque impulsion électrique correspond à un pas (ou à une fraction de pas en micro-pas).
La règle est simple :
- plus la fréquence des impulsions est élevée,
- plus le moteur tourne vite.
La vitesse de rotation dépend donc directement de la fréquence du signal envoyé par le contrôleur au driver.
Formule simplifiée :
Vitesse (tr/min) = (fréquence des impulsions / nombre de pas par tour) × 60
Si vous débutez ou si vous voulez revoir les bases, l’article pourquoi choisir un moteur pas à pas permet de bien comprendre ce qui distingue cette technologie des autres motorisations.
Les principaux leviers pour faire varier la vitesse
- Modifier la fréquence du signal de commande
C’est la méthode la plus directe. Le contrôleur (automate, carte de commande, microcontrôleur) génère un signal de type STEP/DIR. En augmentant ou en diminuant la fréquence du signal STEP, on ajuste la vitesse.
Attention toutefois car une montée trop brutale de fréquence peut provoquer un décrochage, et une fréquence élevée réduit le couple disponible.
En pratique, on travaille rarement avec une fréquence fixe. On utilise des rampes d’accélération et de décélération.
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Utiliser des rampes d’accélération et de décélération
C’est un point critique souvent sous-estimé. Un moteur pas à pas ne peut pas passer instantanément de 0 à 1 000 tr/min sans perdre des pas, surtout avec une charge inertielle.
Les rampes permettent :
- de préserver le couple utile,
- d’éviter les vibrations,
- de sécuriser la position.
On parle généralement de rampes linéaires, trapézoïdales ou en S, selon le niveau de précision et de douceur recherché.
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Jouer sur le micro-pas (microstepping)
Le microstepping consiste à diviser chaque pas moteur en sous-pas plus fins. Cela n’augmente pas la vitesse maximale, mais permet :
- un mouvement plus fluide,
- moins de bruit,
- une meilleure stabilité à basse vitesse.
En revanche, plus on augmente le micro-pas, plus la fréquence nécessaire pour atteindre une vitesse donnée augmente. Le driver et le contrôleur doivent suivre.
Pour comprendre l’impact réel du nombre de pas et du micro-pas, l’article comment calculer le nombre de pas d’un moteur pas à pas est une ressource clé.
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Adapter la tension et le courant du driver
La vitesse maximale d’un moteur pas à pas est fortement liée à la capacité du courant à monter rapidement dans les enroulements.
Concrètement :
- une tension d’alimentation plus élevée permet d’atteindre des vitesses plus importantes,
- un réglage de courant adapté garantit le couple sans surchauffe.
Un driver mal réglé limite la plage de vitesse exploitable, même avec un bon moteur.
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Réduire les contraintes mécaniques
Parfois, le problème de vitesse n’est pas électrique mais mécanique :
- frottements excessifs,
- charge trop lourde,
- inertie mal répartie,
- transmission inadaptée (pas de vis trop fin, réducteur mal choisi).
Faire varier la vitesse efficacement passe aussi par une réflexion globale sur l’architecture du système.
Vitesse, couple et limites physiques
Un point essentiel à comprendre : le couple d’un moteur pas à pas diminue avec la vitesse. Plus le moteur tourne vite, moins il est capable de fournir de couple.
Cela signifie que :
- une vitesse théorique atteignable à vide ne l’est pas forcément en charge,
- le dimensionnement doit toujours se faire avec la vitesse cible et la charge réelle.
Voici un tableau synthétique pour visualiser les effets des principaux paramètres.
| Paramètre modifié | Impact sur la vitesse | Impact sur le couple | Points de vigilance |
| Fréquence STEP | Augmente ou diminue directement | Diminue à haute vitesse | Risque de décrochage |
| Micro-pas | Pas d’augmentation directe | Couple par micro-pas réduit | Fréquence plus élevée requise |
| Tension d’alimentation | Augmente la vitesse max | Meilleur maintien du couple | Respect des limites driver |
| Rampe d’accélération | Sécurise la montée en vitesse | Couple mieux exploité | Paramétrage indispensable |
| Charge mécanique | Limite la vitesse atteignable | Couple fortement sollicité | Inertie et frottements |
N’hésitez pas à explorer les différentes configurations possibles de moteurs pas à pas selon les contraintes d’application.

Erreurs fréquentes à éviter
Beaucoup de problèmes de vitesse viennent de quelques erreurs classiques :
- vouloir atteindre une vitesse maximale sans phase d’accélération,
- sous-estimer l’inertie de la charge,
- utiliser un micro-pas trop élevé sans adapter la fréquence,
- confondre vitesse théorique et vitesse exploitable en charge.
Un moteur pas à pas ne pardonne pas l’approximation, mais il devient très fiable une fois correctement piloté.
FAQ – Faire varier la vitesse d’un moteur pas à pas
Peut-on faire varier la vitesse d’un moteur pas à pas en continu ?
Oui, à condition d’utiliser un contrôleur capable de générer une fréquence variable avec rampes d’accélération. Sans rampes, la variation sera brutale et instable.
Pourquoi mon moteur pas à pas vibre à basse vitesse ?
Les vibrations à basse vitesse sont souvent dues à la résonance naturelle du moteur. Le microstepping et une bonne gestion du courant permettent de fortement les réduire.
Augmenter la tension augmente-t-il toujours la vitesse ?
Dans une certaine limite, oui. Une tension plus élevée permet au courant de monter plus vite dans les bobines. Mais elle doit rester compatible avec le moteur et le driver.
Un moteur pas à pas peut-il remplacer un moteur brushless pour la vitesse ?
Pas vraiment. Le moteur pas à pas excelle en positionnement et en contrôle sans capteur, mais il n’est pas conçu pour les très hautes vitesses continues.
Comment savoir si mon moteur décroche ?
Les signes typiques sont une perte de position, des bruits anormaux ou un arrêt brutal. Cela indique souvent une vitesse trop élevée ou une rampe inadaptée.


